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Vidéos en ligne des conférences du Forum de l’Education de l’Enfance 2015 :
  • La sagesse est certainement une préoccupation d'adultes. Si elle sert de modèle à l'éducation des enfants, quelle idée de sagesse oriente les éducateurs?
    Quel philosophe se cache dans les crèches d'aujourd'hui? Epicure, pour qui la sagesse est affaire de bonheur? Ou bien plutôt Kant, qui recommande d'examiner chaque action rationnellement? Et si c'était Hannah Arendt, qui prône une attitude conservatrice vis-à-vis des enfants? Ou encore Emmannuel Lévinas, qui reconnaît dans le Visage de l'autre, l'appel à une attitude éthique?
    La conférence propose un compte-rendu de quelques visites philosophiques en crèche.
  • Sa conférence aborde différentes facettes de la notion de «sagesse» du point de vue des sciences cognitives et des neurosciences.
    La sagesse, pour l’essentiel, consiste en l’habilité de ne pas faire (chez les enfants) et ne pas dire (chez les vieillards) de bêtises: on félicite même les premiers, et on sollicite parfois les seconds, pour cette remarquable compétence. Est-ce à dire que la sagesse nous est généralement autrement étrangère?
    Monsieur Dieguez présente en tout cas quelques uns des obstacles redoutables qui s’y opposent, notamment dans les domaines de la connaissance de soi, des interactions sociales et de l’anticipation du futur, ainsi que les mécanismes cérébraux dont nous disposons pour éventuellement les surmonter. Un accent particulier, et critique, sera porté sur le projet contemporain d’une «neuropédagogie».
  • Les «enfants sages» nous rassurent et nous ennuient à la fois. Nous y voyons, en même temps, le signe d’une éducation bien faite et d’une normalisation peut-être trop poussée, voire d’une névrose préoccupante. C’est que se joue là notre ambivalence constitutive à l’égard de l’enfant que nous voudrions, tout à la fois docile et émancipé. D’où les errances des vulgates psychologiques successives qui nous enjoignent de le respecter «coûte que coûte» avant de nous expliquer que l’essentiel est de savoir lui «dire non».
    Alors, peut-être faut-il distinguer «l’enfant sage» et celui que nous «éduquons à la sagesse» et respecter là le conseil de Jean-Jacques [Rousseau]: «Vous ne parviendrez jamais à faire des sages si vous ne faites d'abord des polissons…»? Oui, mais comment en faire des «sages»? Pas des «enfants sages», mais des «petits d’hommes sages»? Et qu’est-ce que «la sagesse» pour un enfant? Quelle «sagesse d’enfant» peut-elle préparer celle d’un humain «sage», prêt à s’engager sereinement mais avec détermination dans la construction d’un monde plus solidaire?
    Philippe Meirieu approche cette difficile notion et de trouver une ligne de passage possible, entre normalisation et encouragement à la transgression, dans la recherche des conditions d’émergence de la pensée. Ligne de crête difficile, mais probablement seul passage possible pour une éducation exigeante.
  • JEAN-CLAUDE METRAUX
    Psychiatre et psychothérapeute de l'enfant et de l'adolescent
    Spécialiste des questions de transitions sociales et des mutations culturelles

    Sages», «pas sages»…: le mot «sage» déjà n'a pas de véritable traduction dans de nombreuses langues; surtout lorsqu'il s'agit d'enfants. Que nous disent donc les langues sur la conception qu'ont les sociétés de l'enfant, sur le mode d'éducation privilégié, sur les normes à respecter, sur l'attitude en cas de transgression?
    Une esquisse de typologie des normes et des transgressions nous montrera qu'il faut distinguer les «sociétés de la survie» des sociétés où les conditions sociales offrent une garantie de survie minimale aux enfants et à leurs parents. Cela dit, aucune culture n'est figée, et les normes varient avec «nos» migrations dans le temps, surtout dans le contexte d'interculturalité qu'implique la migration en Suisse de familles de tous les continents. Les normes se métissent.
    Quelles attitudes peuvent dès lors adopter les professionnels de la petite enfance?
  • MARIA-JULIA STONBOROUGH-EISINGER
    Diplômée en Sciences Politiques (Lausanne) et en Relations Internationales (Londres)
    Enseignante et animatrice des ateliers de philosophie pour enfants et adolescents

    Qu’est-ce que la sagesse? Et si on présuppose qu’elle est accessible aux enfants, alors comment leur «vient-elle»? S’agit-il d’une révélation? D’une transmission? D’un apprentissage? Est-ce une question d’âge ou d’expérience? Ou un mélange en dosages divers?
    A travers des récits d’expériences, il est montré comment la pratique du dialogue philosophique permet à l’enfant de développer sa capacité à rechercher et construire du sens au regard de son environnement et de son expérience. La pratique régulière du dialogue entre pairs permet le développement d’une pensée à la fois plus autonome, plus distanciée et consciente d’elle-même, mais également une pensée mûe par le respect et la considération pour soi et les autres.
    C’est dans cet équilibre délicat, entre la pensée et le jugement, que l’on trouve peut-être une première voie d’accès à la sagesse.